Empiler ses économies sur un livret A, c’était la norme il y a vingt ans. Aujourd’hui, la réalité s’est renversée. Les placements fétiches d’hier, comme le PEL et le livret A, n’offrent plus que des miettes, dépassées par l’inflation. Le constat est brutal : certains produits jugés sûrs autrefois sont désormais à fuir pour qui veut préserver, et faire croître, son capital. Alors, vers où se tourner en 2021 ? Face à la volatilité, comment choisir un placement qui tienne la route ? Tour d’horizon des options qui tiennent encore la promesse d’un rendement solide, à condition d’accepter une part de risque.
Les meilleurs placements en actions
Actions
Les chiffres ne mentent pas. Sur la durée, les actions offrent la dynamique la plus puissante pour développer son patrimoine, à condition de diversifier ses placements et d’éviter les mouvements de panique. Un portefeuille équilibré peut viser entre 6 % et 10 % de rendement annuel. Mais attention : la Bourse suit un rythme irrégulier, alternant cycles haussiers et corrections, ce qui impose une vision long terme pour supporter ces oscillations. Commencer tôt et tenir ses positions, c’est la meilleure parade pour laisser le temps gommer les pertes passagères.
Deux leviers supplémentaires retiennent l’attention :
- L’optimisation fiscale s’envisage via un PEA ou une solution en assurance-vie ;
- Les frais liés à la gestion restent réduits si on se concentre sur les bons supports tels que les fonds indiciels.
Voici, point par point, ce que les actions peuvent offrir :
- Rentabilité : 6 % à 10 % en moyenne par an
- Volatilité : forte
- Durée recommandée : dix ans ou davantage
- Coût : minoré avec les ETF
- Fiscalité : allégée avec PEA/assurance-vie
- Accès à l’épargne : mobilisable à tout moment
Obligations
Moins risquées, les obligations constituent une alternative solide pour qui vise la sécurité relative. Leur rendement oscille habituellement entre 2 % et 5 %, dépendant de la nature de l’émetteur et de la durée du titre. Plus l’horizon est lointain, plus le taux tend à grimper. Pour payer moins de frais et profiter d’une fiscalité correcte, les ETF et l’assurance-vie restent le choix le plus cohérent.
Pour s’y retrouver plus facilement, gardez en tête :
- Rentabilité : 2 % à 5 % par an
- Volatilité : modérée
- Durée conseillée : trois ans minimum
- Coût : limité avec les ETF
- Fiscalité : adoucie via l’assurance-vie
- Liquidité : retrait rapide possible
Investir en Bourse : les bons réflexes
Avant d’entrer sur les marchés, quelques étapes évitent les déboires et maximisent les chances de rendement. Restez attentif à ces points de vigilance.
Bien choisir son enveloppe : assurance-vie et PEA à privilégier
Assurance-vie : souplesse et fiscalité qui s’allège avec le temps
L’assurance-vie donne accès à divers supports (fonds, ETF, immobilier) sans immobiliser toute son épargne. Dès huit ans, les retraits bénéficient d’un abattement fiscal appréciable : 4 600 € d’intérêts exonérés pour une personne seule, 9 200 € pour un couple, par an. Un autre avantage : la gestion peut être confiée à des professionnels, qui optimisent répartition et suivi.
PEA : frais faibles et fiscalité parmi les plus douces
Le Plan d’Épargne en Actions est tourné vers les actions européennes. Après cinq ans, l’imposition chute : seules subsistent les cotisations sociales sur la plus-value. Quelques limites tout de même :
- Un plafond à 150 000 €
- Tout retrait anticipé clôture le plan
- Réservé aux actions et fonds européens uniquement
- Impossible de cumuler plusieurs PEA
Bien choisir ses supports : la force tranquille des ETF
L’enveloppe fiscale choisie, reste la sélection des supports. Les marchés fourmillent de produits : actions, obligations, fonds gérés, ETF… Contrairement aux stratégies actives, les ETF (fonds indiciels) répliquent fidèlement un indice, sans chercher à le battre. C’est un choix pragmatique, car prédire quels fonds feront la course en tête sur dix ans relève du pari. Miser sur les ETF, c’est profiter d’une diversification automatique, de frais réduits, parfois divisés par dix par rapport aux fonds traditionnels, et suivre le rythme global des marchés sans surcoût caché. Ce différentiel de frais, année après année, finit par creuser un écart concret de rendement.
Certains acteurs ont fait de la gestion sous mandat ETF leur spécialité, proposant des solutions 100 % fonds indiciels avec gestion pilotée. L’année 2019 a vu certains portefeuilles de ce type afficher entre 6,46 % et 31,87 % de performance, selon l’allocation et le niveau de risque choisi.
L’immobilier : potentiel réel, contraintes bien présentes
La pierre garde la cote, mais investir physiquement dans un appartement ou un local amène son lot de défis : contraintes administratives, gestion des locataires, entretien, fiscalité… Pour alléger ces tracas, l’immobilier négociable sur les marchés (SIIC, SCPI, OPCI) offre différentes voies d’accès, moins lourdes et plus souples.
Sociétés d’Investissement Immobilier Cotées (SIIC)
Les SIIC, sociétés immobilier cotées en Bourse, achètent et gèrent des immeubles résidentiels ou commerciaux. Elles réunissent plusieurs avantages :
- On investit et récupère ses fonds rapidement, en achetant ou revendant des parts en quelques clics
- La diversification permet de diluer le risque, tandis que les frais restent acceptables avec les ETF spécialisés
- Une fiscalité avantageuse si la détention se fait via une assurance-vie
Les fluctuations existent, mais le secteur immobilier évolue souvent plus lentement que le marché actions classique.
Pour résumer l’intérêt des SIIC :
- Rentabilité : 5 % à 8 % par an
- Volatilité : modérée
- Horizon conseillé : dix ans et plus
- Coût : contenu avec les ETF
- Fiscalité : bénéfique via assurance-vie
- Liquidité : immédiatement mobilisable
SCPI : stabilité et rendement régulier
Avec la SCPI (Société Civile de Placement Immobilier), chacun peut devenir copropriétaire d’un vaste parc locatif, sans la gestion quotidienne. Les rendements sont stables, autour de 4,35 %, mais il y a quelques embûches à surveiller :
- Un rendement moyen légèrement en dessous des SIIC : 4,35 %
- Peu de variations d’année en année, mais pas d’emballement
- Frais d’entrée élevés, qui grignotent la rentabilité initiale (jusqu’à 12 % parfois)
- Moins de diversification, le parc étant souvent concentré
- Fiscalité parfois lourde selon le statut du porteur de parts
Vendre ses parts peut aussi devenir compliqué lors des phases de tension, comme lors de la crise de l’immobilier en 1993.
SCPI, synthèse :
- Rentabilité : autour de 4,35 %
- Volatilité : faible
- Horizon de placement : idéalement huit ans ou plus
- Frais : élevés (jusqu’à 12 % d’entrée)
- Fiscalité : souvent lourde
- Liquidité : revente parfois longue et difficile
Location meublée (LMNP)
La location meublée, souvent vantée pour sa rentabilité, réclame beaucoup d’attention : bien sélectionner l’emplacement, négocier le crédit, absorber les coûts d’acquisition (notaire, travaux, assurances). La rentabilité nette s’amenuise avec les impôts locaux et, le cas échéant, l’IFI. Ce type de placement laisse peu de marge de manœuvre et bloque le capital jusqu’à la vente du bien.
Points saillants du meublé :
- Rentabilité : 2 % à 6 %
- Volatilité : faible
- Horizon : long terme, dix ans minimum recommandé
- Coûts : notables (notaire, agence, assurances)
- Fiscalité : modérée, voire élevée selon le niveau de patrimoine
- Liquidité : faible, sortie peu rapide
Placements immobiliers à écarter
Certains véhicules immobiliers méritent d’être considérés avec la plus grande prudence :
- Les investissements Pinel, dont le prix d’achat est souvent gonflé au prétexte d’un avantage fiscal
- Les mobil-homes ou résidences gérées, plombés par des frais d’exploitation importants
- Les OPCI, dont la rentabilité reste généralement inférieure à celle des SCPI ou SIIC
Les investissements sans risque : protéger, pas développer
Si votre priorité reste la préservation du capital, mieux vaut privilégier les livrets d’épargne réglementés ou les fonds en euros 100 % sécurisés via l’assurance-vie. Mais les rendements ont décroché : ils n’atteignent plus les niveaux des années fastes.
Le livret A
Fixé à 0,50 % en 2020, le taux du livret A a atteint un plancher historique, mais il reste supérieur à celui des livrets bancaires fiscalisés proposés par les grandes enseignes.
Synthèse :
- Rentabilité : 0,5 %
- Volatilité : aucune
- Durée idéale : quelques mois à un an seulement
- Frais : inexistant
- Fiscalité : absence totale
- Liquidité : pouvant être retiré à tout instant
Le fonds en euros
Ce placement au capital garanti est alimenté essentiellement par des obligations. Son rendement recule, avec une moyenne à 1,5 % en 2019. Certains contrats offrent à peine plus de 2 %, sous réserve d’accepter une part plus risquée, ou des frais dissimulés dans les unités de compte. Ce support reste accessible via assurance-vie et épargne retraite.
Pour mémoire :
- Rentabilité : 1,5 % en moyenne (avant fiscalité)
- Volatilité : aucune
- Horizon de placement : jusqu’à trois ans
- Frais : très limités sur assurance-vie en ligne
- Charges : faibles
- Liquidité : accès rapide
Produits sans risque à laisser de côté
Certains placements affichent un rendement devenu si faible qu’ils n’ont plus de vrai sens pour faire fructifier ses économies :
- PEL et CEL, désormais sous le niveau du livret A net
- Livrets bancaires classiques, pénalisés par l’imposition
Panorama comparatif des placements 2021
Pour y voir plus clair, voici un tableau synthétique des rendements observés sur les grands types de placements ces dernières années. À consulter pour mieux trancher selon ses objectifs et ses contraintes.
| Investissement | Revenus | frais | Impôt |
|---|---|---|---|
| Brochure A | 0,5% | Non | Non |
| Fonds en euros | 1, 2% | Faible en ligne assurance-vie | Faible avec l’assurance vie |
| obligations | 2, 4% | Faible avec les FNB | Faible avec l’assurance vie |
| Actions | 6, 10% | Faible avec les FNB | Faible avec assurance-vie ou PEA |
| SCPI | 4, 5% | Haut | Élevé si intégré avec IR IFI |
| SIIC | 6, 8% | Faible avec les FNB | Faible avec l’assurance-vie/pois, modéré avec le compte de titres |
| Location meublée | 2, 6% | Élevé (notaire, frais de courtage, etc.) | Modérée parce intégrée à l’IR avec déduction IFI impôt foncier |
Le meilleur choix selon vos objectifs
Tout dépend de la trajectoire que chacun souhaite donner à son épargne. Quelques axes forts ressortent de ce panorama :
- L’assurance-vie, pour ses avantages fiscaux et sa versatilité
- Un dosage actions/obligations adapté au niveau d’acceptation du risque
- Une attention assumée aux ETF, qui permettent d’agir sans coûter cher au fil des ans
Gérer son avenir financier : trajectoire sur-mesure
Des solutions s’affinent chaque jour pour ajuster son allocation patrimoniale, notamment grâce à la gestion pilotée 100 % ETF à frais réduits et à une approche diversifiée. Chacun garde la main sur la boussole, oscillant entre préservation du capital et recherche de performance, pour dessiner un parcours patrimonial à la hauteur de ses ambitions. Que déciderez-vous pour le prochain pas ?


