Investir en actions : l’inconvénient à connaître pour votre investissement

2 500 milliards d’euros investis en actions par les ménages français, et pourtant la peur du grand plongeon ne s’efface jamais vraiment. La volatilité des marchés boursiers expose régulièrement les portefeuilles à des variations imprévisibles, parfois brutales. Même les entreprises les plus solides peuvent voir la valeur de leurs actions chuter sans prévenir, indépendamment de leurs résultats.

L’absence de garantie sur le capital injecté distingue ce type d’investissement d’autres formes de placements plus sécurisés. Les cycles économiques, les crises sectorielles et les mouvements de masse des investisseurs amplifient ce risque, souvent sous-estimé lors des périodes de croissance.

Pourquoi le risque fait partie intégrante de l’investissement en actions

On ne peut pas dissocier risque et investissement en actions. Se positionner sur le marché boursier, c’est accepter une volatilité constante, parfois démesurée, et des mouvements de prix qui échappent même aux experts les plus chevronnés. À chaque instant, le prix d’une action se négocie à la croisée des anticipations, des annonces, des coups de théâtre économiques ou politiques. Rien n’est jamais figé, tout peut basculer en quelques minutes, aussi bien à la hausse qu’à la baisse.

La menace la plus redoutée reste la perte de capital. Contrairement à d’autres produits financiers, acheter une action ne garantit ni rendement, ni récupération des sommes investies. Les crises économiques, des épisodes d’inflation soudaine ou une envolée des taux d’intérêt peuvent faire chavirer le marché sans préavis. Les dernières décennies ont multiplié les rappels à l’ordre : crise de la zone euro, krach lié au Covid-19, hausse rapide des taux depuis 2022… La bourse ne laisse pas de place à l’amateurisme ou à l’oubli du risque.

Voici les principaux dangers à surveiller quand on mise sur les actions :

  • Risque de marché : variations soudaines, corrections violentes, emballements irrationnels.
  • Risque de liquidité : difficulté à revendre rapidement sans subir une baisse de prix.
  • Risque sectoriel : chute d’un secteur entier, même quand une entreprise semblait intouchable.

Maîtriser le risque ne se limite pas à diversifier. Cela demande aussi d’analyser le contexte économique, de suivre les décisions des banques centrales, d’évaluer les perspectives concrètes des sociétés. Et puis, il y a l’aspect psychologique : la crainte de voir son portefeuille plonger, l’envie de couper ses pertes ou de racheter trop vite. Investir en actions, c’est rester lucide face à ses émotions, et agir avec méthode dans un univers qui sanctionne l’improvisation.

Quelles erreurs commettent le plus souvent les investisseurs débutants ?

L’investissement en actions attire, intrigue, parfois inquiète. Beaucoup sautent le pas, mais peu prennent le temps de cerner tous les mécanismes du marché. Première faute classique : négliger la diversification. Se concentrer sur quelques valeurs à la mode, c’est ouvrir grand la porte aux coups durs. Les mouvements du marché rappellent qu’un portefeuille trop concentré encaisse de plein fouet chaque revers.

Autre écueil fréquent : s’imaginer qu’on saura prédire le bon moment pour acheter ou vendre. Le fameux « market timing » fait rêver, mais la réalité est plus cruelle. Acheter au sommet, vendre au creux… Les émotions, la peur de rater une opportunité ou de tout perdre, prennent souvent le dessus sur la logique. Sans plan précis, les allers-retours s’enchaînent, générant des frais qui grignotent la performance.

Voici quelques pièges dans lesquels tombent souvent les novices :

  • Négliger le poids des frais de transaction et de gestion : chaque opération impacte le gain final.
  • Ne pas définir son profil d’investisseur : capacité à encaisser le risque, durée envisagée, projets personnels.
  • Oublier de poser des limites de perte (stop-loss) : en cas de chute, les émotions prennent le dessus et la panique coûte cher.

La gestion pilotée reste trop souvent mise de côté, par manque d’information ou par désir de tout maîtriser. Pourtant, confier une partie de ses choix à des professionnels permet parfois d’éviter les décisions précipitées et d’aligner l’allocation sur ses véritables besoins. Plus que jamais, la rigueur l’emporte sur la précipitation.

Les fondamentaux à connaître avant de se lancer en Bourse

Avant même d’acheter une première action ou un ETF, il est crucial de comprendre quelques bases. La bourse n’est pas un terrain de jeu pour les approximations. D’abord, distinguer la classe d’actifs : une action diffère d’une obligation, un ETF réplique un indice tel que le MSCI World et offre une exposition large à l’international. Pour qui cherche à limiter les risques liés à une seule entreprise, les ETF constituent une porte d’entrée intéressante.

Le choix du support d’investissement a aussi son importance. Le PEA (plan d’épargne en actions) séduit grâce à sa fiscalité allégée, mais reste limité aux sociétés européennes. Le PEA PME cible, lui, les petites et moyennes entreprises. Quant au compte-titres ordinaire (CTO), il donne accès à tous les marchés mondiaux, mais l’imposition y est moins douce.

Pour bâtir une stratégie solide, gardez en tête ces axes :

  • Allocation d’actifs : répartir entre plusieurs zones géographiques, secteurs d’activité, tailles d’entreprises.
  • Liquidité : favoriser les titres cotés et les ETF, faciles à vendre même en période de turbulences.
  • Frais : surveiller attentivement les coûts à chaque étape, de l’achat à la vente, sans oublier la commission annuelle sur les ETF.

La gestion du portefeuille ne doit jamais être négligée. Approche active ou passive, chacune a ses partisans. La gestion active vise à sélectionner les meilleures opportunités, mais facture ses services. La gestion passive, via les exchange traded funds, mise sur la robustesse des indices et la constance. Pour réussir en bourse, la discipline et la connaissance des outils utilisés feront toujours la différence.

Femme regardant une application de trading sur smartphone

Actions ou obligations : comment choisir selon votre profil et vos objectifs ?

Le débat ne s’éteint jamais : faut-il miser sur les actions ou sur les obligations ? Tout dépend du profil de l’investisseur et de la composition de son patrimoine. Ceux qui visent la croissance sur le long terme se tournent généralement vers les actions. Elles promettent un rendement supérieur, mais il faut accepter la volatilité et les revers inévitables du marché. À l’opposé, les obligations rassurent par la stabilité et la régularité des revenus, un atout pour préparer la retraite ou sécuriser une partie du portefeuille.

Voici comment distinguer les usages de chaque classe d’actifs :

  • Actions : à privilégier si l’on accepte le risque et que l’on cherche de la performance sur plusieurs années. Elles restent sensibles aux cycles économiques et à la santé des entreprises. La gestion, qu’elle soit active ou via des ETF, permet d’ajuster le curseur selon l’évolution des marchés.
  • Obligations : pour ceux qui recherchent la stabilité, la prévisibilité et la protection contre les secousses. Idéales en complément d’une assurance vie ou d’un PEA, elles atténuent la volatilité des actions.

L’horizon de placement et la capacité à encaisser les fluctuations doivent guider le choix. Un investisseur à l’aise avec les soubresauts du marché saura patienter plusieurs années pour lisser les variations. Un profil plus prudent renforcera la part d’obligations, quitte à accepter un rendement moindre pour plus de sérénité. Tout l’enjeu : construire une allocation sur-mesure, fidèle à ses objectifs et à sa vision du long terme.

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