L’amortissement non déductible d’un véhicule de tourisme reste l’un des postes les plus contrôlés lors d’une vérification fiscale. En 2026, les plafonds de déductibilité sont maintenus à l’identique de 2025, mais la stabilité des barèmes ne réduit pas le risque d’erreur. Les redressements observés portent moins sur la méconnaissance des seuils que sur des erreurs de qualification du véhicule ou de calcul de la base amortissable.
Plafonds d’amortissement non déductible par niveau d’émissions CO2 en 2026
| Émissions de CO2 (norme WLTP) | Plafond de déductibilité fiscale |
|---|---|
| 0 g/km (électrique, hydrogène) | 30 000 € |
| Inférieures à 20 g/km (hybride rechargeable) | 20 300 € |
| Entre 20 et 130 g/km | 18 300 € |
| Supérieures à 130 g/km | 9 900 € |
Le plafond se fixe au moment où le véhicule entre à l’actif de l’entreprise. Les émissions retenues sont celles figurant sur le certificat d’immatriculation, selon la norme WLTP. Toute fraction du prix d’acquisition dépassant le plafond applicable constitue un amortissement non déductible, à réintégrer extra-comptablement dans la liasse fiscale.
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L’écart de traitement fiscal entre un véhicule électrique et un modèle thermique dépassant 130 g/km atteint plus de 20 000 € de base déductible. Sur cinq ans d’amortissement linéaire, cela se traduit par une différence annuelle de réintégration très significative sur le résultat imposable.

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Carte grise VP ou CTTE : le vrai critère de contrôle fiscal
Les concurrents détaillent les plafonds, mais le premier réflexe d’un vérificateur porte sur la mention figurant sur la carte grise. Un véhicule immatriculé en catégorie VP (véhicule particulier) reste soumis au plafonnement, quel que soit son usage réel. Un véhicule classé CTTE ou N1 (utilitaire) en est exempté et peut être amorti intégralement.
La confusion survient avec certains modèles hybrides ou crossover dont la catégorie d’immatriculation ne correspond pas à l’usage supposé. Quelques points à vérifier systématiquement :
- Le champ J.1 de la carte grise doit indiquer la catégorie exacte (VP, CTTE, N1). Une erreur d’immatriculation peut entraîner un traitement fiscal inadapté sans que l’entreprise ne s’en aperçoive.
- Un véhicule transformé en utilitaire après acquisition nécessite une nouvelle immatriculation pour que le changement de régime fiscal soit opposable à l’administration.
- Les véhicules dits « dérivés VP » (banquette arrière retirée) doivent faire l’objet d’une homologation CTTE effective, pas seulement d’une modification physique.
En cas de contrôle, l’administration s’appuie sur le document d’immatriculation, pas sur des déclarations d’usage. Un véhicule mal catégorisé sur la carte grise expose à une réintégration rétroactive sur l’ensemble de la période amortie.
Amortissement séparé de la batterie d’un véhicule électrique
Le plafond de 30 000 € pour les véhicules à zéro émission peut sembler généreux, mais certains modèles électriques dépassent largement ce seuil. Il existe un levier comptable rarement exploité : la batterie peut être amortie séparément si elle est facturée distinctement du véhicule.
Lorsque le constructeur ou le concessionnaire émet une facture séparant le prix du véhicule et celui de la batterie, le plafond de déductibilité s’applique uniquement au véhicule hors batterie. La batterie, traitée comme un composant distinct, suit son propre plan d’amortissement sans plafonnement.
Ce traitement suppose deux conditions cumulatives :
- La facture d’acquisition mentionne explicitement le prix de la batterie comme poste séparé, avec un montant identifiable.
- La comptabilité enregistre la batterie comme une immobilisation distincte, avec sa propre durée d’amortissement (souvent plus courte que celle du véhicule).
- Le dossier conserve les documents justificatifs en cas de demande de l’administration fiscale.
Pour un véhicule électrique affiché à plus de 40 000 €, cette approche réduit la part d’amortissement non déductible de plusieurs milliers d’euros sur la durée totale. Sans cette séparation, l’intégralité du prix entre dans la base plafonnée à 30 000 €.

Réintégration fiscale : formulaires et lignes à renseigner
Le calcul de l’amortissement non déductible ne sert à rien s’il n’est pas correctement reporté dans la liasse fiscale. C’est sur ce point technique que les erreurs de déclaration déclenchent des rectifications.
Entreprises à l’IS ou à l’IR en BIC
La réintégration de la part non déductible s’effectue sur la ligne WE du formulaire 2058-A. Le montant correspond à la différence entre l’amortissement comptable enregistré et l’amortissement fiscalement admis, calculé sur la base du plafond applicable.
Professions libérales et BNC
Pour les entreprises relevant du régime BNC, la réintégration se reporte sur la ligne 36 de la déclaration 2035-B. L’oubli de cette ligne constitue l’une des anomalies les plus fréquemment relevées lors des contrôles sur pièces.
Dans les deux cas, le montant réintégré doit être recalculé chaque année tant que le véhicule figure à l’actif. Une erreur la première année se propage mécaniquement sur les exercices suivants si elle n’est pas détectée.
Norme WLTP et date d’acquisition : le piège du plafond rétroactif
Le plafond applicable dépend des émissions CO2 du véhicule au moment de son inscription à l’actif. Cette règle pose un problème concret lors du remplacement d’un véhicule de flotte : un même modèle peut voir ses émissions homologuées varier d’une année à l’autre, selon les mises à jour du constructeur.
Un véhicule hybride rechargeable mesuré à 19 g/km bénéficie du plafond de 20 300 €. Le même modèle, dans une version légèrement modifiée, peut franchir le seuil de 20 g/km et basculer dans la tranche à 18 300 €. La différence de 2 000 € de plafond se répercute sur chaque exercice d’amortissement.
Le certificat de conformité du véhicule, délivré au moment de la première immatriculation, fait foi. Vérifier cette valeur avant la commande permet d’éviter une mauvaise surprise au moment du calcul de l’amortissement non déductible.
La gestion des amortissements non déductibles repose moins sur la connaissance des plafonds que sur la rigueur documentaire. Carte grise correctement catégorisée, facture structurée pour les véhicules électriques, ligne de réintégration renseignée dans le bon formulaire : chaque maillon de la chaîne comptable constitue un point de contrôle potentiel pour l’administration fiscale.

